NB : Spoilers inside.

Bonjour à toi.

J’aime le cinéma. J’aime l’image. J’aime tout ce qu’on peut transmettre au travers d’eux. Pour concrétiser cet amour et nourrir mes projets, je me suis offert un abonnement illimité à la bête.

Le dernier film d’Anne Fontaine, « Les Innocentes » m’intriguait pour les thèmes qu’il prétendait aborder. La foi ou l’absence de celle-ci, l’épreuve et les différentes voies que les cœurs empruntent quand la foi rencontre l’épreuve.

Je pensais être submergée d’émotions, je l’avoue. Cela n’a pas été le cas, du moins, pas aussi intensément que dans mes expectations. Pourtant, « Les Innocentes » est un film fort, touchant et frôle, à mon sens, le chef d’œuvre.

L’action prend place en Pologne durant la seconde guerre mondiale. Des sœurs bénédictines, entièrement voilées, demandent l’assistance secrète d’une médecin bénévole, Mathilde, pour faire accoucher les sœurs enceintes suite au viol de soldats soviétiques. Même sans voir le film, on peut aisément s’imaginer la tension écrasante de la complexité d’une telle situation.

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Mathilde prend donc les risques nécessaires à leur porter assistance dans le secret presque absolu. Au travers d’elle, nous sommes témoins des nuances qui habitent tous les personnages à l’écran jusqu’au dénouement final où Mathilde propose aux sœurs d’accueillir des orphelins auprès des nouveaux nés et de transformer leur antre spirituelle en orphelinat.

J’ai été profondément touchée en tant que femme et croyante de l’évolution de chaque sœur, des conflits de loyauté qui animaient toute la paroisse ainsi que de la confrontation entre les convictions spirituelles des unes et le scepticisme de l’autre. Comment, malgré le chaos et l’indicible souffrance, on peut continuer à croire ou avorter toutes ses aspirations en la matière.

Les Innocentes est un film on ne peut plus actuel à l’heure où les femmes payent encore un lourd tribut par leur corps lors de conflits armés. Pour ce témoignage lucide et intemporel, je dis merci à Mme Fontaine.

« Demolition »

Je dois avouer ma subjectivité presque totale. Jake a déjà conquis mon cœur avec son acting transcendant. Quel que soit le rôle qu’il s’approprie, cet homme marque les cœurs et les esprits (ou du moins, les miens) par l’originalité. C’est un des rares acteurs qui me donne envie de revoir ses films à l’infini. D’ailleurs, j’ai vu Demolition à trois reprises et ce fut à chaque fois une expérience intense.

Le film retrace l’évolution interne d’un homme apathique qui perd brutalement son épouse dans un accident de voiture. Agent de la finance brillant, il ressent de plus en plus le besoin par compulsion de déconstruire littéralement tout ce qu’il l’entoure. Nous suivons Davis Mitchell dans ses « craquages d’endeuillé » avec l’espoir de se connecter à son internalité. Et c’est apparemment la spécialité du réalisateur qui nous montre que deuil et destruction flirte souvent plus qu’on ne le croit.

Y avait-il de l’amour entre lui et sa défunte femme ? Pourquoi l’a-t-il épousé ? Quand a-t-il perdu de vue ce qui l’animait ? Qu’est-ce qui lui est important ? Pourquoi fait-il ce qu’il fait ? Qu’est-ce qui le rend vivant ? Que veut-il vraiment faire ?

En tant que spectatrice, Demolition fut un appel à l’expression de ce qui m’est essentiel, en dépit de ce que le monde aura à en dire. Et je ne peux clôturer cette brève critique sans vous conseiller Nightcrawler ainsi que le visionnage d’un des meilleurs passages du film :

« Zootopia »

J’y ai été plus pour ma sœur que pour moi-même. Que voulez-vous, parfois il faut se sacrifier… Cette précision de Mère Thérésa émise, nous pouvons nous intéresser au scénario.

Zootopia est un film d’animation sympa qui apporte une innovation intéressante par rapport à l’univers Disney : il ne tourne pas autour du sauvetage d’une jeune femme par un prince charmant, les paillettes roses en sus. Il aborde même des thématiques profondes et sensibles comme la détermination d’un être par sa condition initiale ou encore l’épreuve de cette détermination au sein d’une amitié. Les personnages sont attachants, font preuve d’introspection et de dépassement de soi. J’ai été  particulièrement émue par l’aspiration à changer le monde de Jody. Ambitieux et réussi, à voir en famille.

« The Revenant »

Ne regardez pas ce film si vous êtes en quête d’un script époustouflant. Là n’est pas l’objet. DiCaprio coupe le souffle du spectateur par la perfection de son jeu d’acteur. Il est tout simplement époustouflant d’incarner si intensément un homme blessé par un grizzli quand ses soucis dans la vie sont, au pire, le choix de notre onzième habitation en bord de mer. Nous retrouvons également, de façon plutôt méconnaissable, Tom Hardy dans le rôle du hater sans limite. Que l’on hate à notre tour…

L’intensité de The Revenant ne s’arrête pas aux acteurs. Les conditions de tournage l’ont été tout autant : onze mois de travail, moins trente degrés pour météo, un dodo dans une carcasse de cheval en prime.

Ce film est un récit d’abnégation, de dépassement de la souffrance de l’ici et maintenant afin d’illustrer des objectifs lointains et ambitieux de revanche.

DiCaprio

« Le Cœur Régulier »

Première avant-première de ma vie. Le verdict avant dissection est implacable : aurait pu mieux faire pour un baptême (bon, la réalisatrice ne le savait pas).

Lorsqu’il s’agit du Japon ou de l’Asie de l’Est en général, je suis très bon public. En découvrant que le film s’y passait, je n’ai que peu hésité. Malheureusement, ce fut une déception. J’ai essayé d’y trouver la poésie, la profondeur ou encore l’intensité mais je suis repartie les mains vides. L’actrice principale était souvent à côté de l’émotion ou l’attitude jouée. Son acting trop mollasson, trop au-dessus ou en dessous, je me suis ennuyée. En lisant les critiques sur le net, on parlait de bijou, de chef-d’œuvre, je dois être hors du game cette fois.

Le scénario est assez classique : un frère passe de TS en cascade à une paix intérieure en allant au Japon. De retour en France, il meurt brutalement dans un accident de moto. Sa sœur part au pays du soleil levant en quête de compréhension d’elle-même déguisée en voyage endeuillé. On est témoin de son lâcher prise, de la régulation des battements de son cœur. Ce film ne m’a simplement pas touché ni donné particulièrement matière à penser.

J’ai cependant apprécié la découverte des zones de suicide au Japon, plus précisément les falaises de Tojimbo ou la forêt d’Aokigahara ainsi que celle du rêve de la réalisatrice derrière ce film, projet développé sur cinq années.

La prochaine fois, je vous parle des films Céline, Trumbo, Mustang, Bastille Day et Spotlight.

Bisous les gars.

Saadia.

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