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N’importe quel individu friand de compatibilité livre/film vous le dira : les succès en la matière sont rares. Bien sûr, on ne lit pas un livre de la même manière qu’on regarde un film. Les attentes sont différentes, les potentialités tout autant. Mais au-delà des analyses Watsoniennes, l’histoire nous montre qu’il est possible de faire rencontrer la richesse de ces deux mondes.

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Dexter est à mon sens une illustration plutôt accomplie de ce challenge. Dexter, le serial killer expert en médecine légale, collaborant avec la police de Miami. Et non Dexter et son laboratoire, frère de Dee Dee (pour ceux de ma génération).

Les serial killer attirent l’attention des masses par leur transgression des lois sociales et la manière dont ils exécutent leur déviance. Dexter Morgan, suite au trauma qu’a constitué le meurtre tragique de sa mère devant ses yeux de bambin, est animé de pulsions meurtrières. Adopté par un policier qui découvre ces tendances peu conventionnelles, il apprend un code. Le code. Celui qui va lui permettre de survivre le temps de 8 saisons à l’écran et pareil en bouquins sur le papier. Celui qui tiendra en haleine le téléspectateur et/ou lecteur par un ingrédient pas si secret.

Car si Dexter tue, il tue efficace. Il sélectionne les pourris de ce monde : violeurs, assassins, incestueux, escrocs, trafiquants d’humains, politique véreux, religieux manichéen. Le tout, au masculin comme au féminin. Avant chaque exécution, il prend soin de montrer à sa victime-bourreau pourquoi elle doit disparaître. Dexter Morgan incarne un héros-hors-la-loi.

Ce qui me plait particulièrement dans la série comme dans les bouquins, ce sont les nombreux moments d’introspection. On passe plus de temps dans l’esprit du héros que dans les scènes d’action. Ses moments d’inadaptibilité sociale, son incompétence à gérer la proximité humaine, les phases de perdition entre intense folie et nécessaire intégration ou encore ses efforts exténuants pour soigner sa couverture de normalité sont touchants. Ces ingrédients nous permettent de nous prendre rapidement d’affection pour lui.

J’ai vu toute la série, commencée quand j’étais jeune et intrépide. C’est une des premières séries qui m’a captivée tout le long de sa production. Concernant les livres dont la série s’inspire, j’en ai lu quelques uns. Le premier étant « ce cher Dexter », offert à une amie. Les faits ne se déroulent pas de la même manière ni dans le même ordre dans les bouquins, ce qui apporte une note de frais. On garde les mêmes personnages, les mêmes caractéristiques sous un nouveau jour.

Si vous aimez les ambiances introspectives, les serial killer efficaces, les intrigues enivrantes, vous êtes susceptibles d’aimer l’univers de Dexter.

Si vous voulez plus de détails, voici cet extrait Arte sur la série :

 

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