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Les livres sont une manière d’investir les prodigieuses créativités de nos collègues humains. Ils nous permettent de plonger et de s’imprégner de l’ambiance mentale de l’auteur(e) lu(e). Les films font presque le même boulot, à un niveau différent.

Quand je ne lis pas un livre, je regarde un film ou une série. Raison pour laquelle, je dédierais certains billets à des analyses en ce sens.

C’est ainsi que je viens de clôturer le visionnage d’un film qui me faisait envie depuis plusieurs mois. J’ai vu plusieurs affiches habiller pas mal d’abribus bruxellois mais pas de visibilité au cinéma. Merci aux internets de me fournir l’opportunité de rattraper les déceptions du réel.

C’est donc après quelques minutes d’attente en peer to peer que le fichier a pu s’installer dans mes dossiers privilégiés. Une poignée de semaines plus tard, le moment était venu pour ma sœur et moi de découvrir ce qu’il esquissait en trailer.

Le titre français est « X+y : le monde de Nathan » traduit de manière très mystérieuse de l’originel « A brillant young mind. »

Nous découvrons Nathan, jeune garçon aux yeux bleus lagons et à l’esprit mathématiquement béni. Fils unique de parents britanniques, sa particularité est la différence qu’illustre toute personne concernée par le spectre autistique. Doucement mais sûrement compris depuis quelques jeunes années, c’est un plaisir de découvrir une œuvre qui tente de les dépeindre au plus près de ce qu’elles sont : sans cliché ni surenchère.

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Je ne me considère pas comme spécialiste du sujet, j’ai néanmoins une profonde attirance et sensibilité par rapport au spectre autistique et à ses déclinaisons. C’est ainsi que, dès les premières minutes du film, chaque aspect de l’autisme illustré par les acteurs m’a profondément émue. Je pense notamment à la synchronisation particulière entre le monde interne et externe, à l’inadaptibilité sociale ou encore à la magie qui embaume la personne autiste à un de ses centres d’intérêt restreint. C’est doux et fort à la fois, transcendant d’authenticité et bouleversant de réel.

Je ne désire pas, dans ce court billet, m’épancher en « symptômes », « troubles psychiatriques » ou autres joyeusetés qui déshumanisent quand on s’y attache trop. Ce que j’ai vu dans ce partage du parcours de Nathan, c’est une porte ouverte vers des différences qu’on voit comme déviances, bizarreries voire impolitesses. Or ces étiquettes se trouvent être la réalité dans son plus simple apparat d’une partie de la population mondiale.

J’ai des valeurs, je ne vous spoilerais donc rien. Ni le début, ni le milieu, ni la fin.

Néanmoins, un de mes extraits favoris (toujours sans spoil) est sans contexte le moment où Nathan, dans le brouhaha de ses sentiments, part en quête de la formule qui est liée à une émotion intrinsèque à la vie… Sauf qu’il ne la comprend pas. Son incompréhension éclatante de sincérité est tellement touchante que j’ai du mal à exprimer avec précision ce que j’ai ressenti. Ce mélange d’intrigue, de profonde incompréhension et d’intérêt pur m’a bouleversée.

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Plus largement, « x+y » est un hommage à toutes les familles qui usent d’amour engagé afin de surmonter les obstacles qu’implique tout lien relationnel. Vers une heure quarante, on retrouve une des plus belles définitions de ce que signifie « aimer ».

Et tout ceci, avec le magnifique, le grandiose, le magnificent accent british… Oh my goodness, faites plaisir à votre empathie et regardez-le !

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